Monday, November 21, 2005

Spencer Tunick à vendre

Photos en vente sur ce lien

Merci à Craig pour ce lien.

Monday, November 14, 2005

lundi 14 novembre_Art-entreprise.com expose les photos

Si bien entendu il faut passer à la sucrière pour découvrir grandeur nature les photos de Spencer Tunick à Lyon ainsi que le travail des différents artistes présent dans le cadre de la biennale d'art contemporain 2005, sachez que vous pouvez acheter les photos sur :

http://www.art-entreprise.com/spencertunick_photos.htm

Si quelqu'un connaît les prix, ça m'intéresse ! ;)


Aperçu :





















copyright art_entreprise/Spencer Tunick
http://www.art-entreprise.com/spencertunick_photos.htm

Monday, November 07, 2005

lundi 7 novembre_20 Minutes

Spencer Tunick révèle ses nus
Lundi 07 novembre 2005

Cette fois, ils sont habillés. Près de 600 personnes, sur les 1 500 qui avaient posé nues devant l’objectif de Spencer Tunick le 11 septembre dernier, sont venues découvrir le travail enfin exposé, vendredi, à la Sucrière (2e). Toutes ont tenté de se retrouver sur les cinq clichés. L’artiste américain, qui a quitté Lyon hier, a déambulé parmi ses modèles dans une effervescence plus cordiale que celle de la performance, qui s’était déroulée dans le froid à 5 h du matin. « Où êtes-vous ? », demande-t-il à une visiteuse ravie de lui montrer son visage au premier plan. Bernard, un enseignant de 53 ans, avait été déçu par « l’aspect militaire du happening », mais reconnaît que les photos « dégagent une belle émotion et sont très représentatives de Lyon ». La passerelle Saint-Vincent est par exemple aisément identifiable et un bus TCL reste immortalisé sur la photo en passant derrière les deux rangées de corps nus suspendus au-dessus de la Saône.

La nudité crée des liens. Chacun échange son point de vue avec son voisin. La pose lascive des hommes allongés dans les herbes à la pointe du Confluent a semblé faire l’unanimité. Mais Spencer Tunick a choisi d’offrir aux participants un cliché pris sur le quai Rambaud, qui les représente jambes levées au ciel, entre deux murs géants de containers.

Ses oeuvres sont exposées à la Sucrière dans le cadre de la Biennale d’art contemporain, jusqu’au samedi 31 décembre.

Dalya Daoud

copyright 20 Minutes édition lundi 7 novembre

lundi 7 novembre_Metro


Le nu selon Spencer Tunick

Le 11 septembre Spencer Tunick faisait poser nues 1 500 personnes à Lyon. Depuis vendredi, les tirages sont exposés à la Sucrière.

Des photos à découvrir absolument.(07/11/2005)



"Alors t'es où ?" Vendredi soir, en découvrant les photos retenues par Spencer Tunick, les "modèles" avaient tous un peu le même réflexe : se chercher dans la "végétation humaine" créée par le photographe. "J'ai pas l'impression d'être sur les images, c'est un ensemble pas un individu", remarque Gérard, qui avait déjà participé à une oeuvre de Tunick. Pour d'autres, en revanche, c'était une première, comme Emilie et Vincent. "On avait jamais fait un truc pareil. Quand on a pris le premier métro pour aller sur place on s'est vraiment demandé ce qu'on faisait là", explique Vincent. "Il y avait un côté 't'es pas cap'. Quand il a fallu se dévêtir, on a fait ça très vite sans réfléchir. On n'était pas sûr de le faire", ajoute Emilie.

"Une végétation humaine"
Six clichés, pris au port Edouard-Herriot, au Confluent et dans le I er , sont exposés à la Sucrière. Rapprochés ou éloignés, ils forment des paysages humains comme l'impressionnant panorama du Confluent de 1,80 m sur 2,26 m ! "J'aime la variété de ces images. J'ai bossé dur jusqu'à en pleurer, sur un travail comme ça la pression est énorme", confie Spencer Tunick.

Impatience
Une certaine impatience animait les participants venus vendredi soir, mais aussi un sentiment indéfinissable. "C'était stressant d'attendre, maintenant c'est une sensation hyperbizarre", explique Sophie, une jolie brune aux yeux bleus. "Poser n'était pas très agréable avec le froid. Nu, on ne se regarde pas de la même manière, faut reconnaître que sur le coup c'est parfois gênant. Mais c'était intéressant de participer à une telle oeuvre."

Une oeuvre sur laquelle tout le monde peut désormais porter un regard... "Ceux qui savent ce qu'on a fait sont étonnés, mais souvent admiratifs. Ce n'est pas un exploit, même si je suis fière d'être dedans", souligne Emilie. "Il s'est vraiment passé quelque chose, on est plus pareil après", admet de son côté Gilles, la cinquantaine. Les six photos exposées sont à vendre et il serait de bon ton qu'au moins une reste à Lyon. Prochaine étape pour Spencer Tunick, DŸsseldorf, en 2006

Jean-Baptiste Labeur

'Spencer Tunick à la Sucrière, quai Rambaud, jusqu'au 31 décembre, dans le cadre de la Biennale d'art contemporain.

copyright Metro édition du 7 novembre 2005

Lundi 7 novembre_France 3

France 3

A voir à la Sucrière, jusqu'au 31 décembre, dans le cadre de la Biennale d'Art Contemporain.

Les clichés de Spencer Tunick exposés à Lyon


A Lyon, le 11 septembre dernier, 1493 anonymes ont posés nus devant l'objectif de l'artiste new-yorkais Spencer Tunik.

Le photographe, agitateur professionnel expose ses premiers clichés à Lyon ... entre polémique et réactions positives.

Les modèles d'un jour ont reçu un cliché de l'artiste.




copyright France 3
Publié le 07/11 à 16:22 sur france3.fr

Friday, November 04, 2005

vendredi 4 novembre_Vernissage à la sucrière

Et voilà, nous y sommes, à la découverte du travail de l'artiste.....
Je ne sais pas ce que vous en pensez mais après avoir été abreuvé de clichés volés et de commentaires à tendance réac à la madame Michu, j'avais hâte de voir le résultat final !

Alors ? Comme moi vous venez de découvrir les photos de Spencer Tunick, qu'en pensez vous ?
Au delà du "là c'est toi, là c'est moi...." avez-vous aimé ? Laquelle avez-vous préféré ? Etes vous content du résultat ? Fièr(e) d'y avoir participé ? Allez vous "accrocher" votre cliché ?;) comment allez-vous le présenter (sous verre, dans un cadre baroque, design en alu, punaisé au mur, scotché...) dort il déjà dans un tiroir ?

Monday, October 31, 2005

31 octobre_Invitation au vernissage

" Spencer Tunick / Biennale d’art contemporain de Lyon
Vernissage de l’exposition et remise des tirages aux participants. A ne pas manquer !
Vendredi 4 Novembre 2005 de 18h00 à 21h30

Bonjour à tous !

Il est temps de découvrir le travail que Spencer Tunick a réalisé à Lyon le dimanche 11 septembre et pour vous de récupérer les tirages !

Le travail de Spencer à Lyon marque le début d’une importante collaboration entre les citoyens de Lyon et le monde.

Cette exposition est la célébration de cette magnifique matinée.
Spencer, qui vous a personnellement écrit un message ci-dessous a vraiment hâte d’assister à cet événement unique au cours duquel la Biennale d’art contemporain de Lyon exposera pour la première fois 6 des installations réalisées à Lyon.
Ces ¦uvres sont incroyables et vous ne pouvez manquer cette occasion de les voir dans un lieu aussi unique. C’est une exposition importante pour Spencer car la Biennale de Lyon est la première structure française à exposer son travail.

L’exposition, ainsi que la distribution des tirages aux participants s’effectuera vendredi 4 novembre, entre 18h et 21h30. Les ¦uvres de Spencer seront exposées à la Sucrière et les tirages y seront distribués dans la salle 60 (façade nord du bâtiment), un panneau « Accueil des participants » vous guidera. N’oubliez pas de prendre avec vous une pièce d’identité pour que l’on puisse vous remettre votre tirage. Si vous devez récupérer le tirage d’un autre participant, vous devrez aussi avoir sa pièce d’identité.
Nous vous conseillons de passer en premier lieu à la salle 60 : après contrôle de votre identité, nous vous remettrons votre tirage photo (non signé*) ainsi qu’une contre-marque (une seule par participant). Celle-ci vous donnera accès à la Sucrière uniquement et ne sera valable qu’une seule fois.

Si, pour une raison ou une autre, vous ne pouvez récupérer votre tirage à cette occasion, vous pourrez le retirer, selon les mêmes modalités, jusqu’au 31 décembre à Art 45 (45 Quai Rambaud) du mardi au dimanche de 12h00 à 19h00.

Merci de ne demander pas à l’artiste de signature sur vos photos ou d’autographe.

Encore une fois, merci d’avoir participé !
Ce projet n’aurait jamais pu se réaliser sans votre soutien !

Nous espérons que vous serez tous présents vendredi prochain.

Allez sur le lien du site de la Biennale
http://www.biennale-de-lyon.org/
Visitez le site de Spencer Tunick pour tout savoir sur ses prochaines installations et expositions
http://www.spencertunick.com


Chers participants !

Je tenais à vous saluer et vous remercier d’avoir participé à mon installation.
Comme vous le savez maintenant, mon travail réalisé avec vous à Lyon sera exposé le 4 novembre.
Merci de vous être levés tôt ou d’avoir veillé toute la nuit et d’avoir bravé le froid pour contribuer à l’une de mes installations.
Je pense que le résultat est fort et j’en suis très satisfait.
Nous célébrerons cela ensemble lors de l’inauguration de l’exposition à laquelle je vous encourage tous à venir pour y découvrir les ¦uvres et vous rencontrer à nouveau.

Merci beaucoup,
J’espère tous vous y voir !

Spencer Tunick

Toute l’équipe de Art/Entreprise, la Galerie Olivier Houg et la Biennale d’art contemporain de Lyon se joignent à Spencer Tunick pour remercier toutes celles et tous ceux qui, ce matin du 11 septembre ont eu le courage de nous rejoindre dans le Port Edouard Herriot pour poser nus aux premières lueurs du jour.

Accès

Pour aller à l’exposition :
- La Sucrière, 47-49 Quai Rambaud, 69002
En Transports en commun : ligne A, direction Perrache, arrêt Perrache. Tramway T1, direction Montrochet, arrêt Montrochet. Navette spéciale Biennale.

Pour récupérer votre tirage :
- salle 60, située façade nord de la Sucrière, en face du missile de Wang Du. Suivez les panneaux.
A partir du 5 novembre, les tirages seront à votre disposition à Art 45, Galerie Georges Verney-Carron/Olivier Houg, située juste avant la Sucrière.

Pour tous ceux qui n’auront pu le récupérer avant le 31 décembre, il leur sera envoyé après cette date à leur adresse postale.


Spencer Tunick/Lyon Biennial
Exhibition and participant print handout - don't miss it!
November 4, 2005, 6pm-9.30pm

Hello everyone!
The time is here for the unveiling of Spencer Tunick’s artwork he made here in Lyon on Sunday Sept 11 and the participant print handout! Hopefully all can attend.

Spencer's work in Lyon marked an important collaboration between the citizens of Lyon and the world-renowned Lyon Biennial. The exhibition is a celebration of this wonderful morning.
Spencer, who has personally written a message to you all below, will also be in attendance and is really looking forward to this unique event where the Lyon Biennial will exhibit, for the first time, 6 of the Lyon installation works! These works are amazing and you don't want to miss the chance to see them in such a unique setting. This is an important exhibition for Spencer, as the Lyon Biennial is the first major art venue in France to display his work.

The exhibition opening and print hand out will be on Nov 4, 6pm – 9h30pm. The exhibition will be at the Sucrière. The print hand out will be right adjacent to the exhibition at the Room 60 of the Sucrière. Be sure to bring an ID in order to pick up your print. If you have to pick up the print of an other participant, you will need his ID too.
First of all, you have to pick up your print at the Room 60, we will control your identity and we will give you a ticket to go, one time and for one person, at the Sucrière.
For any reason if you can not make the print hand out, the prints will be available to be picked up during Biennial hours until Dec. 31 2005 at Art 45, contemporary art gallery (45 Quai Rambaud), near the Sucrière from Tuesday to Sunday from 12pm to 7pm.

Any print would be signed by Spencer Tunick.
Again, thank you all for your participation! This project would never have come to light without your support! We hope to see you all there! Bring friends and family!

Visit this link for the Lyon Biennial
http://www.biennale-de-lyon.org/bac2005/angl/movie.htm
Visit this link to find out about future installations and exhibitions by Spencer Tunick
http://www.spencertunick.com

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Dear Participants!
I wanted to say hello to everyone and thank you for participating in
my installation. As you all may already know, on Nov 4th I will have a
exhibition of the artworks I made with you in Lyon. Thank you for getting up early and or staying up all night and braving the cold weather to make these artworks with me.
I think the resulting works I made are strong and I am very pleased with them.
This is going to be a very celebratory exhibition a reunion. I encourage all the participants to
Com to the opening to see the works and meet each other once again.

Thank you so much,
I hope to see you there!
Spencer Tunick

Art/Entreprise team, Olivier Houg Gallery and the Biennial of Lyon join Spencer to thank all the participants to be came this morning of September 11 at Le Port Edouard Herriot to pose naked at the sunrise.

Directions to the Exhibition:

- La Sucrière, 47-49 Quai Rambaud, 69002, Lyon. If you decide to come with the subway, stop at Perrache station (ligne A) and take the tramway, ligne 1 and stop at Montrochet station. Then use the Biennial shuttle (www.biennale-de-lyon.org)

Where the prints will be given out:

- Room 60, north of La Sucrière, in front of the Wang Du’s missile. Follow the placards. From November 5, the prints could be picked up at Art 45, 45 Quai Rambaud, Olivier Houg/Georges Verney-Carron Gallery, just before the Sucrière. All the people who could not have picked up their print before 31 december, will receive them by mail."


copie du mail annonçant le vernissage, reçu le 31 octobre.



Plus que quelques jours avant de découvrir le travail de l'artiste ! :)

Tuesday, September 20, 2005

lundi 19 septembre 2005 _ L'Humanité

Missile ou peace and love ?

On ne sait que choisir. Missile : à l’entrée de la Sucrière, ancien bâtiment des docks des quais de Saône et l’un des cinq lieux (1) où se déroule, juqu’au 31 décembre, la huitième Biennale d’art contemporain, la réplique d’une fusée à moyenne portée installée sur un camion militaire, les deux en grandeur nature, accueille les visiteurs. Une oeuvre du Chinois de Paris Wang Du (né en 1956 à Wuhan, il travaille en France), qui se veut davantage, selon lui, une sorte de métaphore des médias qu’une critique du militaire. Lorsque les médias, dit-il, se mettent au service d’un quelconque pouvoir politique, « leur énergie potentielle leur permet de redéfinir tout le système de valeurs ; lorsqu’ils se mettent au service de la guerre, ils seront plus puissants que n’importe quelle arme moderne ». Des titres de la presse sont d’ailleurs inscrits sur l’engin, mais, quoi qu’il en soit, son profil, sa couleur d’acier froid dérangent.

pattes d’éph’

et flower power

Peace and love, pétards, pattes d’éléphant et flower power. C’est un peu ce qui ressort de l’installation, toujours à la Sucrière, de La Monte Young et Marian Zazeela. Une vaste pièce baignée d’une lumière mauve et violette avec quelques néons et un son grave et profond tenu, semblant ne jamais devoir s’arrêter. On s’allonge, on peut fermer les yeux, et même faire la sieste. Ce pourrait être l’une des oeuvres les plus emblématiques de l’ensemble de la manifestation, que Thierry Raspail, son directeur artistique, et les deux commissaires Jérôme Sans et Nicolas Bourriaud, ont voulue clairement sous le signe des « sixties », mais aussi de « l’expérience de la durée ». De fait, c’est dans la durée que fonctionnent un certain nombre des oeuvres exposées. Exemple limite, une installation de James Turell, non plus à la Sucrière mais à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne, qui suppose de rester quelque 12 minutes dans une pièce obscure avant de percevoir ou de croire percevoir des ondes lumineuses. Les limites de l’expérience tenant précisément aux douze minutes. La pièce n’admettant en effet que deux à trois personnes à la fois il faudrait environ cinq années pour que les 130 000 visiteurs attendus à la Biennale - au moins, car c’était le chiffre de la précédente édition - puissent entrer dans la pièce. Pour nombre d’entre eux, l’expérience de la durée se fera donc, si l’on peut dire, par défaut. La durée, c’est d’une tout autre manière la matière, si l’on peut dire, d’une oeuvre assez violente de Kader Attia, Parisien et né à Dugny en Seine-Saint-Denis en 1970. Flyng Rats, terme anglais pour désigner les pigeons, présente dans une cour d’école maternelle engrillagée des enfants fabriqués avec une matière à base de céréales. Ils sont habillés comme de véritables enfants. Une centaine de pigeons sont enfermés avec les mannequins et les picorent peu à peu. On peut donc imaginer l’allure des bambins dans quelque temps. Pour Kader Attia, il s’agirait d’abord d’une nostalgie de l’enfance et du sentiment de la perte. Du travail irrémédiable du temps sur le corps. On se souvient aussi du film d’Hitchcock dont le mystère demeure - quelle mouche a donc piqué les oiseaux ? On peut aussi voir les pigeons comme des prédateurs s’engraissant sur le dos des enfants, ce qui ne serait pas vraiment déplacé de nos jours, que l’on pense au travail, au tourisme sexuel, aux enfants soldats. L’oeuvre est donc efficace et forte, à une réserve près. Qu’en pensent les pigeons, bien nourris certes, mais contraints de jouer un rôle pour lequel ils n’ont peut-être aucune vocation. Mise en scène d’êtres vivants. Jeux du cirque ?

Plus largement, les commissaires de la Biennale ont voulu mettre en évidence l’une des idées majeures de la création au XXe siècle et de nos jours. L’oeuvre d’art n’est pas seulement quelque chose que l’on regarde ou que l’on écoute, mais quelque chose « qui se passe ». Qui implique le corps, et donc le temps. Traversée d’une pièce remplie de 7 000 ballons de baudruche roses avec Martin Creed. Traversée d’une pièce dans un brouillard vert jaune ou les repères se perdent, pour Ann Veronica Janssens. Ambiance néo-psychédélique pour Brian Eno, au musée d’Art contemporain, avec Quiet Club, soit donc pour le rocker et créateur une ambiance de nuit paisible où le temps s’écoulerait tranquillement, « des lieux où l’on pourrait se détendre en agréable compagnie, dans un environnement sensuel, accueillant et pas trop bruyant, un environnement favorable à l’imagination créative ».

rendez-vous avec l’art contemporain

Pour Jérôme Sans et Nicolas Bourriaud, dont il faut rappeler qu’ils dirigent pour quelques mois encore le Palais de Tokyo, à Paris, « dans cette époque de l’instantanéité où l’art se consomme comme n’importe quel autre produit, on a oublié que l’oeuvre pouvait aussi être vécue ». De ce point de vue, nombre d’oeuvres de la Biennale sont en rapport avec le propos. C’est moins évident quand ils évoquent l’esprit 68 et la contre-culture, qui apparaît d’abord ici dans sa version soft. Les sixties ne furent pas seulement hippies, mais aussi révolutionnaires, avec tout à la fois l’apparition de revendications nouvelles liées aux modes de vie, à la morale, à la libre disposition du corps, mais aussi avec des remises en cause radicales du système, de l’impérialisme, luttes contre la guerre du Vietnam, voire lutte armée dans plusieurs pays. De telles remises en question, il faut bien le dire, n’apparaissent pas vraiment dans l’ensemble de la Biennale, à quelques exceptions près. Kendell Geers, en présentant dans une pièce maculée d’encre de Chine, jonchée par endroits d’éclats de verre, de grandes images pornographiques, renvoie à une véritable violence sociale, à l’exploitation du corps, renforçant encore son propos avec une statue du Christ enrubannée de rouge et en vis-à-vis un squelette ayant subi le même traitement. Agnès Thurnauer distribue pendant la Biennale des petits badges avec les noms au féminin de peintres connus : Nicole Poussin, Marcelle Duchamp, Henriette Matisse, Eugénie Delacroix. Mais ce qui pourrait n’être qu’un gadget va plus loin avec une oeuvre déconstruisant, si l’on peut dire, l’image des femmes. Agnès Thurnauer a ainsi inscrit sur un tableau reprenant la serveuse de bar de Manet un texte pornographique venant, si l’on ose dire, mettre à nu le regard du client. Elle travaille actuellement sur l’Olympia de Manet également, avec le projet d’inscrire sur le tableau tous les noms par lesquels on désigne les femmes. Avec Écarlate, Virginie Barré a accroché un cadavre de femme, un mannequin, à des globes lumineux. Sous elle une tache de sang où baignent ses chaussures, et la même a couché un autre mannequin de femme couvert d’une peau de chien sur un divan. Spencer Tunick a rassemblé, à Lyon, 1 493 personnes qui ont posé nues pour lui... Plus de soixante artistes sont présents à la Biennale, auxquels s’ajoutent les artistes qui exposent dans le cadre de Résonance, « En résonance avec la biennale », et cela dans 58 lieux à Lyon et en Rhône Alpes, avec 70 manifestations. L’ensemble faisant de la région lyonnaise l’un des grands rendez-vous de l’art contemporain.

(1) Le musée d’Art contemporain, la Sucrière, le Rectangle, le fort Saint-Jean, l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne. Tél. : 04 72 07 41 45. www.biennale-de-lyon.org.Le catalogue, 39 euros.

Maurice Ulrich

copyright L'Humanité édition du 19 septembre 2005

Friday, September 16, 2005

fin prise de vue Port Edouard Herriot _ Spencer Tunick photo

Spencer Tunick à Lyon


foret de pieds (sales) _ Spencer Tunick photo

Spencer Tunick à Lyon


première prise de vue _ Spencer Tunick photo

Spencer Tunick à Lyon


dans l'herbe _ Spencer Tunick photo

Spencer Tunick à Lyon


vestiaire improvisé _ Spencer Tunick photo

Spencer Tunick à Lyon


jeudi 15 septembre _ Le Monde

Quand les arts plastiques flirtent avec l'industrie du luxe

LE MONDE | 14.09.05 | 13h29 • Mis à jour le 14.09.05 | 13h29

Lyon (Rhône) de notre envoyé spécial




La Biennale de Lyon se tient principalement dans cinq lieux, dont certains ont plus de succès que d'autres. Bordée par la Saône, la Sucrière, friche industrielle de 7 000 m2, est le point névralgique de la manifestation. Des navettes fluviales en remontent le cours, vers l'exposition de Wim Delvoye, place Bellecour, et jusqu'au Musée d'art contemporain, donnant à Lyon un petit air de Venise.

Festif, très festif. A l'image de ces années 1970 que les commissaires, Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans, ont choisi comme point de référence. Cela permet de retrouver de grands anciens, comme Yoko Ono ou Robert Crumb, réactualisés par des plus jeunes, comme Michael Lin, qui a couvert la façade du bâtiment d'une fresque psychédélique, Martin Creed et sa salle remplie de ballons roses, ou celle d'Ann Veronica Janssen, pleine d'une fumée verte parfumée à l'eucalyptus.

Il flotte donc sur les lieux une odeur hippie, sentiment que renforcent les badges désuets et un peu niais, mais très politiquement corrects, imaginés par Agnès Thurnauer, qui féminise les prénoms d'artistes célèbres. Marcelle Duchamp, ou Eugénie Delacroix : la trouvaille est maigre. Comme ses tableaux, exposés à Villeurbanne, le sont aussi, tout cela reste assez bénin. Et ne tient guère face, par exemple, à l'oeuvre, terriblement violente, de Kader Attia, si talentueux et dérangeant avec ses pigeons mangeurs d'enfants.

"UN DEVOIR DE RÉSERVE"
Bénin aussi le début de polémique soulevé par la participation de Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans à un défilé de mode organisé par Hermès le soir du vernissage. La maison de couture a investi 150 000 euros, pour inviter ses gros clients, et quelques happy few du monde de l'art, à une fête sur les bords de la Saône.

Habiles, les mannequins d'occasion sont parvenus à conserver les fringues qu'ils étaient censés mettre en valeur. Ils les ont méritées, défilant comme des pros, en tirant la même triste figure que ces modèles chargés de nous persuader de la nécessité de nous vêtir enfin. Le seul décontracté fut l'artiste Wang Du, très applaudi.

Dans le public, composé pour l'essentiel de clients privilégiés de la maison de luxe, les sentiments étaient mitigés. Alain Weill, fondateur des Rencontres internationales des arts graphiques de Chaumont et créateur du défunt Musée de l'affiche à Paris, qui a prêté une partie de sa collection de posters des années 1970 exposée au Fort Saint-Jean, n'était pas tendre : "C'est une question de déontologie : que des artistes choisissent de s'exhiber, ça les regarde. Les commissaires, par contre, ne représentent pas qu'eux- mêmes. Ils ont un devoir de réserve."

D'autres artistes étaient tout aussi dubitatifs, devant ce mélange entre art et luxe, pourtant devenu la norme depuis que les modistes se sont aperçus que les clients de l'art contemporain étaient aussi dingues des sacs Kelly que des petites bestioles peintes par Murakami chez Louis Vuitton. Et que les deux grandes maisons de luxe françaises étaient la propriété des deux plus grands collectionneurs du pays. L'argument ne convainc pas Alain Weill : "Ces types ne sont venus que pour le défilé. Ils ne s'intéressaient pas à la culture avant, ils ne s'y intéresseront pas plus après..." Il faut voir...

Le budget total de la Biennale avoisine les 5,5 millions d'euros, répartis entre la communauté de communes du grand Lyon, pour près de la moitié, l'Etat, contributeur à hauteur de 1,3 million, et la région, pour 760 000 euros. La part dévolue à l'aspect strictement artistique est de 56 %, le reste étant consacré à la communication et à l'accueil des publics. Les entrées (130 000 visiteurs en 2003) et les partenaires privés devraient combler les manques éventuels. Une bonne opération si on se fie aux chiffres du département de prospective du ministère de la culture.

D'après Yves Le Sergent, administrateur général de la Biennale, ils ont démontré que ce type d'événements générait, pour l'économie hôtelière et touristique locale, de deux à trois fois les montants investis. L'opération de Spencer Tunick, initiative pourtant privée, mais associée à la Biennale, où les photographies des 1 493 personnes nues seront exposées à partir de novembre, lui a de surcroît procuré une notoriété mondiale, et a donné de Lyon une image plus détendue qu'à l'habitude.

Tout cela n'a pas de prix. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, l'a bien compris, qui a déclaré mardi 13 septembre, après sa visite, que l'art contemporain contribuait à résorber le chômage, citant Lyon en exemple : "Je souhaite que l'ensemble des villes de France s'en inspire. Cela génère de l'activité, c'est très important sur le plan du développement économique et pour l'emploi." Et les artistes, ainsi instrumentalisés, non plus par le luxe, mais par les collectivités publiques, qui se pressaient autour du ministre, n'avaient pas cette fois-ci réellement l'air de s'en émouvoir.


Harry Bellet


copyright LE MONDE article paru dans l'édition du 15.09.05

Thursday, September 15, 2005

mercredi 14 septembre _ Libération

Art. Ils étaient 1493 à poser nus pour le photographe Spencer Tunick.


Motivations.

«L'impression grisante de transgresser un interdit»

Par Anne DEGUY
Lyon envoyée spéciale


on corps accuse 84 années de vie. Aidée de son déambulateur, elle se dirige entièrement nue vers les cinquante conteneurs stationnés sur le port. Il est 7 h 40 et la température est de10°. Maria, comme ces 1 491 autres personnes aussi dévêtues et frigorifiées qu'elle, obéit aux injections d'un mégaphone. Dans quelques instants, ils vont devoir s'allonger sur le béton glacé. L'installation du photographe Spencer Tunick a encore une fois attiré des milliers de figurants (lire ci-dessous).

Avertissement. C'est dans un courriel envoyé le 10 septembre à tous les inscrits que ces derniers ont appris l'heure et le lieu des deux rendez-vous. Avec un avertissement : «Souvenez-vous que nous nous rassemblons afin que Spencer puisse réaliser une oeuvre d'art, il ne s'agit ni d'une fête, ni d'une manifestation».

«Cela fait des siècles que je n'avais pas été aussi heureuse», avoue Maria, qui, dans les années 40, posait pour des peintres. «J'ai voulu montrer qu'un corps existe quel que soit son âge.» C'est par centaines que les poseurs débarquent dès 4 h 30 aux grilles du port Edouard-Herriot. Ils sont originaires de la Drôme, de Paris, de Stockholm, de Cleveland... Ils déboulent par bandes, en couple main dans la main, seuls, comme la très timide Martine, secrétaire : «C'est Georges (Georges Verney-Carron a invité Spencer Tunick à la Biennale d'art contemporain, ndlr) qui m'a convaincue de participer à cette opération complètement dingue. Je suis très gênée de me déshabiller, mais une fois fondue dans la foule, on ne me remarquera pas». Tout aussi seul, Fabrice, administrateur de biens : «J'ai eu envie de rompre avec ma vie de costume cravate. J'ai l'impression grisante de transgresser un interdit.» Pour Clara, 56 ans, accompagnée de son chien, cette nuit est son pire défi : «Non seulement je ne suis pas du tout exhibo mais je suis agoraphobe.» Alex et Katarina sont arrivés la veille du Royaume-Uni tout exprès pour Tunick. Lui a déjà participé à une prestation de l'artiste à Newcastle. «Au départ, j'ai accepté pour une raison artistique, aujourd'hui, c'est pour comprendre des choses sur moi. Je veux entraîner ma copine pour qu'elle partage ce sentiment.» Elle : «Normalement je ne fais jamais ce genre de trucs, là je vais savoir si je peux.» Caroline, 20 ans, a l'habitude de poser pour ses copains artistes, mais cette fois-ci, elle va «véritablement posséder une oeuvre de très grande valeur. 500 euros, paraît-il».

Nudisme. La jeune fille préférerait cependant ne pas être trop visible sur l'image, contrairement à Véronique. Psychiatre, elle se moque de savoir si ses patients la reconnaîtront sur les photos : «Piercing et performance, avec tout ce que j'ai déjà fait dans ma vie, c'était logique que je pose à poil pour ce photographe. Par ailleurs, je suis une adepte du nudisme.» Comme une grande partie des figurants. «Je suis naturiste et libertine», confie Hélène qui, arrivée seule, a trouvé en quelques minutes une âme soeur, Bernard, attiré par le côté exceptionnel de cette matinée. «Je suis également très exhibitionniste. Donc, quel pied quand je vais me voir au milieu de toute cette foule dans une grande oeuvre exposée.»

Jean-François et Florence sont eux aussi aux anges : «Ce sont les JMJ Libertines !» 9 heures, fin de la première partie. Les poseurs ont l'air complètement shooté. «J'ai senti faire partie d'une importante création», confie, Charlie, 52 ans, acteur. Delphine, cadre de 27 ans, a réussi son pari : «J'ai osé me montrer telle que je suis.» Trois Parisiens déçus : «Trop de poils, trop de mauvaises odeurs, pas assez de silicone.» Ce qui ne les empêche pas de se rendre au deuxième rendez-vous, sur une île et sous la tiédeur des rayons de 10 heures. Sans Maria, trop fatiguée pour continuer.

Par Anne DEGUY
Lyon envoyée spéciale

mercredi 14 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

copyright Libération

Tuesday, September 13, 2005

mardi 13 septembre _ Radio Canada

SPENCER TUNICK MET LYON À NU

Le photographe américain Spencer Tunick, maintenant bien connu pour ses photos de foule posant dans le plus simple appareil, a fait poser dimanche quelque 1500 personnes réparties sur deux sites lyonnais, en France.

L'artiste avait été invité à réaliser cette performance dans le cadre de la Biennale d'art contemporain de Lyon, qui durera jusqu'au 14 décembre.

Dénudez-vous!
Depuis la fin juillet, des tracts ont été distribués dans toute la ville afin d'inciter les habitants à participer à l'événement, qui a été également filmé. Les photos seront ensuite envoyées aux participants et également exposées dans un musée de Lyon.

Débuts modestes
L'Américain de 38 ans au nom prédestiné a commencé à réaliser ses installations éphémères en 1992, avec un modeste groupe de 25 personnes posant nues devant le siège de l'ONU à New York. Depuis, il a organisé un peu plus de 65 rendez-vous dans différents pays tels que l'Angleterre, où un prêtre a participé incognito aux photos, et le Chili, où les autorités ont failli interdire l'expérience, alors que près de 5000 personnes avaient répondu à l'appel.

Montréal mis à nu
À Montréal en 2001, 2500 personnes avaient bravé un temps frisquet pour se faire photographier nus par Tunick devant la Place des arts et le Musée d'art contemporain, au coeur du centre-ville.

copyright Radio Canada
http://radio-canada.ca/culture/modele-document.asp?section=expositions&prov=reportage&idRegion=1&idEntite=3789

lundi 12 septembre 2005 _ Le Progrès

J'ai posé nu pour Spencer Tunick

1 493 personnes ont participé aux différentes installations réalisées par le plasticien Spencer Tunick dans le cadre de l’ouverture de la 8e Biennale d’art contemporain. Photographiés pour la première fois en France, ses nus collectifs ont pris deux sites lyonnais pour décor : d’abord le port Edouard-Herriot, puis le Confluent, là où le Rhône et la Saône se rejoignent. Les œuvres, qui ne manqueront d’irriter autant que fasciner, seront exposées à Lyon à la mi-novembre.



Le rendez-vous a lieu dimanche matin, 4h30 sur le port Edouard-Herriot, près du stade de Gerland. Nuit noire. Frisquet. On se croirait rassemblés pour une rave, ou quelque pacte illicite. Il s'agit, en réalité, de réaliser le projet dont toute la région murmure démons ou merveilles : le nu collectif du plasticien américain Spencer Tunick.
A l'heure dite, tout le monde est encore emmitouflé. Des 3 500 inscrits par Internet, 1 493 personnes se sont déplacées. C'est plus que n'avait espéré Tunick, qui avait misé sur 800 candidats. A défaut d'un café d'accueil, certains finissent leur nuit, à même le sol. Interminable attente : serait-ce « L'expérience de la durée», thème de la 8e Biennale d'art contemporain qui a invité Tunick ? Toujours est-il qu'il faut patienter jusqu'à 7h15, pour que des instructions précises s'échappent enfin d'un porte-voix. Le photographe parle anglais : les installations seront effectuées sur deux sites successifs. D'abord, entre les containers du port Edouard-Herriot, puis au confluent.

Troupeau obéissant
Les plus pressés n'attendent pas le signal pour se déshabiller. Ils gambadent déjà cul nu, bronzés et guillerets. Au signal fatidique, c'est une valse indescriptibles de vêtements. Il faut aussi se délester des bijoux, bandeaux, barrettes. Aucune gêne notable : l'attente, avec ses rires et ses grognes, a créé un semblant de solidarité. Round d'observation classique : il y a surtout des hommes, plutôt jeunes, mais aussi des personnes à mobilité réduite, un grand brûlé, des personnalités des télés locales et régionales, quelques chorégraphes, peintres, professionnels de la nuit. Aucun élu.
Les habits sont laissés en tas, sur place, tandis qu'une voix autoritaire conduit la foule vers les containers. Troupeau obéissant, mais pas amnésique : en croisant les rails d'un chemin de fer, difficile de faire abstraction des échos terribles de l'Histoire. Un moment de panique vite passé : l'ambiance bon enfant prend le pas sur les images glauques qu'inspire ce premier site.
Prendre place entre les containers. S'allonger par terre, sur un bitume glacé et graisseux, parsemé de tâches noirâtres douteuses. Lever les bras, lever les jambes, ne pas sourire. On dirait un cours de stretching, ecchymoses à la clé.
Spencer Tunick, haut perché sur son élévateur, reste tout de noir vêtu. Il sait ce qu'il veut, et les blagues infantiles de son troupeau l'exaspèrent un peu. « Comblez les trous », lance sa malheureuse interprète, aussitôt accueillie par une salve de sifflets moqueurs.
Après une deuxième installation, plus loin sur le même site, la foule rhabillée emplit les bus mis à sa disposition. Direction : la pointe du Confluent, là où « le Rhône et la Saône dessinent les jambes d'une femme», dixit Tunick.

Rencontre avec Lyon Free VTT
Le site est un bonheur. Le soleil aidant, les mines fatiguées se dérident. Il fait doux s'allonger sur le gazon fraîchement tondu, même si la pluie de la veille a transformé certaines zones en purée d'épinards. Sur l'autre rive, les sportifs du Lyon Free VTT, cycliste moulant et casque de rigueur, n'en croient pas leurs yeux. Y a (enfin) de la joie et des gamineries dans l'air. Double ration de gloussements lorsque Tunick propose de « prendre plusieurs positions ». Je profite d'un moment de relâche pour désobéir au maître et lever la tête. Admirable perspective : le Confluent est un fleuve de corps d'une infinie douceur.
Un pique-nique final, avec jus d'orange, saucisson et fruits, et il faut repartir récupérer ses affaires, au port Edouard-Harriot. A pieds ! Il est déjà 11 heures. Les plus bouleversés par l'aventure pourront récidiver dès ce lundi matin : Spencer Tunick a décidé, à la dernière minute, d'une autre installation à Lyon. En plein centre ville, s'il vous plaît !
David S. Tran

La Biennale

Principalement organisée par les galeristes Georges Verney-Carron et Olivier Houg, l'installation de Spencer Tunick lance la 8e Biennale d'art contemporain, qui sera ouverte au public du 14 septembre au 31 décembre, et inaugurée demain par le Ministre de la Culture. Son thème : «L'expérience de la durée».
Les photos réalisées hier à Lyon, puis développées à New York, seront exposées à la Biennale à la mi-novembre. Spencer Tunick offrira un tirage de «sa préférée» à tous les participants.


copyright Le Progrès édition du lundi 12 septembre 2005

lundi 12 septembre 2005 _ AFP Lyon _ Yahoo actualités


Des centaines de Lyonnais nus pour une phographie




"Silence!", "Ne souriez pas!"... les ordres du photographe américain Spencer Tunick fusent dans le mégaphone en ce petit matin frais et humide à Lyon. Autour de lui, 1.480 figurants, nus comme des vers, tentent de bonne grâce de s'y conformer, pour l'amour de l'art.
Hommes et femmes de tous âges, ils sont arrivés à O4H30, de Lyon et de sa région pour la plupart, de beaucoup plus loin pour certains, pour la première réalisation de ce type en France du photographe américain, qui a déjà rassemblé des milliers de personnes nues à Barcelone, Londres ou New-York.

Un peu avant 06H00, Spencer Tunick, en pantalon et chemise de toile noire, monte sur un escabeau pour saluer ses "collaborateurs" et évoquer le sens des deux lieux choisis pour ses prises de vue: le port fluvial Edouard Herriot et le confluent, où la Saône rejoint le Rhône.

"Le port et ses conteneurs représentent le commerce, le mystère de tout ce dont nous avons besoin pour vivre, ou pensons avoir besoin, et qui transite là. Le confluent, c'est la rencontre, et j'aime à penser aux deux fleuves comme aux jambes d'une femme", explique-t-il, dans un silence recueilli.

Une bonne heure plus tard, le jour se lève à peine sous un ciel couvert et l'ordre d'installation arrive enfin. La foule s'anime, dans un joyeux bruissement de vêtements et de sacs. En moins de deux minutes, tous les figurants sont nus et courent prendre la pose entre deux murs de conteneurs.

Installé dans une nacelle à 15 mètres de hauteur, l'artiste lance ses ordres sans ménagement, tandis que ses assistants traduisent et répètent au mégaphone: "Silence, Spencer a besoin de concentration...".

Pendant une heure, les figurants s'exécutent, s'avancent, reculent, se tournent, lèvent les jambes, s'allongent sans broncher sur le bitume froid et humide du port, démentant seulement par des rires et des sifflets l'aspect parfois concentrationnaire de la scène.

Puis, tout le monde se rhabille et prend le chemin du confluent. Sur cette bande d'herbe au bord de l'eau, l'impression de confinement disparaît et l'ambiance se détend. Les figurants expliquent qu'ils sont venus "pour le plaisir", "pour l'art", "pour l'expérience".

"Je tenais absolument à le faire, juste pour le plaisir de courir nu sur l'herbe au coeur de Lyon, cette ville que l'on dit si bourgeoise et coincée", explique un jeune Lyonnais.

"Nous aimons les photos de Spencer et poser pour lui est une expérience sociale et libératrice", ajoute Diane Wailes, venue de Londres avec sa famille et qui a déjà posé pour les photos réalisées à Bruges (Belgique) et à Newcastle (Royaume-Uni) cette année.

A 10H00, la seconde séance de déshabillage est saluée par une première éclaircie du ciel et un vol de cygnes sur la Saône. Les ordres secs fusent toujours par les mégaphones, mais ils ont de plus en plus de mal à décourager les figurants de sourire.

Les photos seront exposées en novembre dans le cadre de la Biennale d'art contemporain qui s'ouvre mardi à Lyon.

copyright LYON (AFP) 08h29 Yahoo actualités
(http://fr.news.yahoo.com/050911/202/4kuau.html)

Lundi 12 septembre 2005 _ 20 Minutes

"Spencer Tunick découvre les Lyonnais"


« Ne souriez pas, faîtes silence : Spencer Tunick se concentre. » Le photographe américain – dont les nus collectifs ont fait la réputation – et son interprète se sont époumonés hier matin au port Edouard-Herriot (7e) en hurlant dans un mégaphone, depuis une nacelle, des ordres de pose à 1 500 personnes entièrement nues et grelottantes.

L’attente fut longue pour les modèles volontaires, rassemblés au port dès 4 h du matin. Au lever du soleil, enfin, sur ordre de l’artiste resté habillé, les vêtements tombent dans l’empressement. Passées les premières secondes de choc, l’allégresse gagne rapidement le port. « C’est ce qu’il y avait de mieux à faire avant la messe, » s’amuse Nicolas en se déshabillant. Un cortège hétéroclite – composé de jeunes branchés, de fêtards somnolents, de couples enlacés, d’inconditionnels de Tunick et de dames âgées en déambulateur – défile devant les hommes de sécurité amusés. Entre deux immenses murs de conteneurs multicolores, il faut alors s’allonger sur un béton froid et humide, déclenchant frissons et fous rires, puis se relever, s’avancer, reculer, selon les désirs de Tunick. Certains hurlent au photographe de se presser. Le cadre choisi doit symboliser « l’entreprise et le capitalisme », concepts hués par la foule entre deux bâillements. Pour en faire la critique, rien de tel, selon Spencer Tunick, que d’enchevêtrer les corps dans un espace étriqué, et de leur faire lever les jambes vers le ciel. Sous un soleil désespérément froid, les femmes s’assoient ensuite dans un mazout peu ragoûtant, face aux étoiles du drapeau européen et au périphérique. Puis les groupes sont ensuite conduits à la pointe du confluent,pour un déjeuner sur l’herbe totalement dévêtu.

Spencer Tunick, malgré la difficulté de l’opération, s’est dit « ému et très heureux » de ce happening lyonnais. Le photographe a annoncé qu’il réaliserait ce matin, toujours à l’aube, une autre installation sur une passerelle enjambant la Saône.

Dalya Daoud

copyright 20 Minutes Grand Lyon
Photo 1 500 personnes, dont notre reporter, ont posé nues hier pour le photographe américain

Dimanche 11 septembre_Confluent_Spencer Tunick photo

Spencer Tunick à Lyon




copyright 20 Minutes, édition Grand Lyon lundi 12 septembre 2005